Comme suite à ma lettre du 31 octobre 2007 , je me permets d'appeler, de nouveau, et avec une particulière solennité, votre attention sur le projet de terminal méthanier au Verdon-sur-Mer, dans l'estuaire de la Gironde, après le compte rendu publié ce mercredi 13 février par la Commission particulière du débat public (CPDP).
Je tiens d'abord à vous faire part de mon indignation devant le peu d'objectivité dont fait preuve ce rapport*, qui sous-estime l'opposition déterminée des élus, des associations et de la population de la rive droite de l'estuaire, c'est-à-dire de la Charente-Maritime, contre ce projet de terminal méthanier.
J'avais compris que jusqu'alors le Gouvernement était tenu à une certaine réserve dans l'attente des recommandations de la CPDP, mais le moment me semble maintenant venu, pour que sa poistion soit clairement exprimée.
* On peut, à cet égard, s'étonner de voir, à l'occasion de la remise de son rapport,
le Président de la Commission particulière du débat public donner une poignée de main au Directeur Général de 4Gas, porteur de ce projet, alors qu'aucun élu des territoires concernés n'était convié... (Cf. ci-joint photo du journal Sud-Ouest du jeudi 14 février 2008)
Ce projet de terminal méthanier constitue un double non-sens:
1°) économique, car notre pays est déjà en surcapacité de stockage de gaz naturel liquéfié, avec les terminaux de Fos-sur-Mer et de Montoir-de-Bretagne en cours d'extension, et ceux de Dunkerque et Antifer en projet. De plus, il aurait des conséquences très dommageables pour l'économie touristique qui représente de loin la première activité et le premier gisement d'emplois du pays royannais;
2°) écologique, car il mettrait en péril la biodiversité du plus grand estuaire naturel d'Europe
C'est pourquoi, dans l'esprit du « Grenelle de l'Environnement », j'ai proposé que le nord de la Gironde, espace particulièrement remarquable, puisse être préservé de toutes les menaces pouvant peser sur lui, par la création d'une aire marine protégée. Une telle initiative a, d'ailleurs, reçu le soutien de Madame Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET, Secrétaire d'Etat à l'Ecologie, dans sa réponse à ma question orale du mardi 2 octobre 2007 à l'Assemblée Nationale .
Depuis, l'idée a fait son chemin. Elle semble recueillir aujourd'hui un avis favorable du plus grand nombre. Mon collègue, Jérôme BIGNON, Président de l'Agence des Aires Marines Protégées, a pu s'en rendre compte, au cours de la visite de terrain qu'il a effectuée, à mon invitation, le samedi 22 décembre 2007. Il a confirmé la disponibilité de l'Agence pour lancer une étude de faisabilité.
C'est pourquoi je vous serais très reconnaissant de m'indiquer la position du Gouvernement sur ce projet de terminal méthanier, ainsi que la suite que vous entendez donner à la création d'une aire marine protégée dans l'estuaire de la Gironde et les pertuis charentais.
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