   
> Actualité SITUATION DE LA PECHE A L'ANCHOIS
Monsieur le Député,
La situation de la pêche de l’anchois dans le golfe de Gascogne est un sujet auquel j’accorde la plus grande attention. Comme vous le savez, l’exploitation de ce stock est malheureusement suspendue presque sans interruption depuis le deuxième semestre 2005.
Pour cette année, le Conseil des ministres européens de la pêche a décidé, en décembre dernier, de ne pas ouvrir la pêche, avec une clause de révision en milieu d’année. Cette éventuelle révision est à l’initiative de la Commission, qui peut fixer un TAC (total admissible de captures) pour le reste de l’année à la lumière des informations scientifiques recueillies au cours du premier semestre.
Le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) a publié le 20 juin dernier son avis concernant la situation du stock. La recommandation du CIEM est de maintenir la pêche fermée et le Commissaire m’a indiqué qu’il ne ferait pas de proposition de ré-ouverture.
Bien que l’avis du CIEM exprime l’état du consensus de l’ensemble des scientifiques impliqués dans le suivi du stock et fasse l’objet d’un examen par les pairs, j’ai connaissance d’apparentes divergences entre les estimations de biomasse établies par les scientifiques espagnols et celles établies par les scientifiques français.
Il me paraît primordial que les décisions relatives à la pêche de l’anchois soient prises sur des bases scientifiques solides, non controversées et comprises par tous. Aussi, j’ai saisi l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (IFREMER) pour fournir les explications relatives à ces divergences et à la façon dont elles sont résolues dans le cadre de l’élaboration de l’avis consensuel.
Compte tenu de la difficulté financière à laquelle les armements se trouvent confrontés, j’ai confirmé qu’une procédure d’arrêt temporaire pour l’anchois sera proposée la semaine prochaine aux représentants professionnels nationaux et locaux.
Par ailleurs, il me semble indispensable au vu de l’état biologique du stock de réfléchir avec les professionnels à des solutions de reconversions voir à un plan de sortie de flotte pour les armateurs le souhaitant.
Au-delà du cas particulier de l’anchois, il est nécessaire d’avoir une plus grande transparence et un meilleur dialogue dans l’appréciation des ressources entre scientifiques et pêcheurs. C’est une des orientation que je souhaite engager sous présidence française et j’ai donc prévu d’organiser une Conférence le 9 septembre prochain au Parlement européen avec les responsables professionnels et scientifiques des Etats-membres.
Je vous prie de croire, Monsieur le Député, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.
Michel BARNIER
     
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