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Le 17 mai 2011
 
Question Orale Sans Débat posée par Didier QUENTIN
au Gouvernement sur la protection du site de Boyardville
 
Madame la Présidente,
 
Ma question s'adressait initialement à Madame la Ministre de l'Ecologie, à propos de la situation des sinistrés de la tempête « Xynthia » sur le site de Boyardville sur l'Île d'Oléron.
 
Monsieur le Ministre,
 
A la suite de la tempête qui a durement touché le littoral charentais et vendéen, le 28 février 2010, l'Etat a pris la décision de mettre en place des « zones dites de solidarité », à l’intérieur desquelles il était proposé à ceux qui le souhaitaient, d’acheter leur maison dans le but de les détruire.
 
Un telle décision a été vivement ressentie par les habitants de Boyardville qui n’ont pas compris que l'on puisse les assimiler à d'autres villages, dont la situation géographique et historique est bien différente, où l'intensité et les conséquences de la catastrophe ne sont pas comparables. Madame la Ministre avait pu s'en rendre compte, lors de sa visite de terrain, le 16 décembre 2010, et elle avait alors demandé que des expertises complémentaires soient lancées, afin d'éclairer au mieux ses choix.
 
Dans cet esprit, une réunion de travail a eu lieu, ce mardi 10 mai, entre le Cabinet de Madame la Ministre de l'Ecologie et l'ensemble des élus et représentants associatifs concernés, afin de présenter les études réalisées par le Conseil Général de la Charente-Maritime et l'Association des Sinistrés du Site de Boyardville, pour déterminer le bon niveau de protection de ce village.
 
Il en résulte qu'une protection semble possible à un coût très inférieur à celui du rachat systématique et de la démolition des habitations qui resteraient à exproprier.
 
L'avantage des aménagements proposés, notamment de murets d'une hauteur initiale de 80cm à 1m, serait d'être modulables et progressifs, de façon à assurer la meilleure sécurité possible aux habitants, au cours du temps. De tels équipements ont été estimés à 4,5 millions d'euros.
 
Il faut aussi souligner que la commune de Saint-Georges est en train de finaliser son Plan Communal de Sauvegarde, pour assurer un bon niveau de sécurité aux personnes. A cet égard, une sirène a déjà été installée et, en liaison avec le SDIS, différents dispositifs d'évacuation sont étudiés.
 
J'ajoute qu'à l'initiative de l'Association des Sinistrés du Site de Boyardville, une plaquette a été éditée sur les risques de submersions marines, et largement diffusée.
 
Enfin, il importe de mieux prendre en compte l'attractivité touristique de ce village, ainsi que le caractère patrimonial de certaines maisons, notamment sur ce secteur de Boyardville et de La Perrotine classé en ZPPAUP. Des solutions, au cas par cas, doivent donc être recherchées, en liaison avec les élus et les propriétaires ayant vendu leurs biens de façon amiable à l'Etat, pour préserver l'harmonie de ce site.
 
Aussi, Monsieur le Ministre, vous serais-je très reconnaissant de me préciser l'action qu'entend conduire l'Etat pour préserver au mieux le site de Boyardville. Pouvez-vous également m'indiquer un calendrier pour l'annonce définitive des zonages, car beaucoup de sinistrés vivent avec « une épée de Damoclès » au-dessus de la tête, depuis plus de 15 mois !
 
Réponse de M. Thierry Mariani, secrétaire d’État chargé des transports. Monsieur le député, en Charente-Maritime quinze communes sont concernées par la mise en œuvre d’une procédure de déclaration d’utilité publique en vue d’acquérir les biens exposant la vie de leurs occupants à des menaces graves. Le contexte s’avère particulier dans la mesure où certaines zones, qui présentent des configurations topographiques très différentes les unes des autres, pourraient être protégées des risques de submersion.
La mission d’expertise du conseil général de l’environnement et du développement durable, dans son rapport du 15 janvier 2011, a permis d’identifier, pour certaines communes, les périmètres de DUP définitifs. Il s’agit des communes de Charron, Nieul, La Flotte en Ré, Villedoux, Loix en Ré pour les habitations isolées, Île d’Aix, Port-des-Barques, Saint-Pierre-d’Oléron, Saint-Trojan-les-Bains et La Rochelle.
Pour d’autres communes comme Loix en Ré près du bourg, Aytré, Châtelaillon, Yves, Fouras et Boyardville à laquelle je sais que vous êtes particulièrement attentif, la mission d’expertise a demandé que soit étudiée la possibilité de mettre en place des protections efficaces et moins onéreuses que l’acquisition des biens concernés situés dans ces zones, ce qui permettrait de réduire le nombre d’habitations à proposer à l’expropriation.
Les collectivités ont remis récemment aux services de l’État une étude réalisée par un bureau d’études mandaté par le conseil général de la Charente-Maritime, qui porte sur les sites qui ont donné lieu à délimitation de zones de solidarité ou de zones de prescriptions spéciales suite à la tempête Xynthia.
Des réunions de travail se déroulent actuellement avec les élus concernés et le préfet de Charente-Maritime. Elles devraient permettre à l’administration de conclure et de pouvoir se prononcer sur le choix de la solution de protection proposée par chacune de ces collectivités.
En ce qui concerne Boyardville, nous avons tout à fait conscience de sa spécificité et de son attractivité touristique, comme le montre la présence d’une ZPPAUP. La recherche de solutions adaptées au cas par cas, en liaison avec vous, montre qu’on essaie de trouver le plus rapidement une solution pour éviter que l’ensemble de la zone soit classé en DUP.
Réplique de Didier Quentin. Je prends acte de la réponse précise que vient de me donner M. le secrétaire d’État, en insistant sur la spécificité de Boyardville, site très touristique puisque c’est le point d’accès à Fort Boyard, bien connu depuis qu’il est le cadre d’une émission de télévision diffusée dans l’Europe entière. Le risque est de voir défiler, cet été, des milliers de touristes au milieu de maisons plus ou moins détruites ou squattées.
J’ai bien noté que les réunions de travail conduites par le préfet devraient aboutir rapidement, adverbe que je souhaite voir remplacé par une date précise car il est urgent de rassurer les populations sinistrées.