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Accord de Bruxelles sur les migrations : la promesse d'une aube bien incertaine ...

Cet accord obtenu à l'arraché, au petit matin, reste soumis à beaucoup d'incertitudes dans son application, car il repose :
- sur le volontariat des États membres pour l'accueil de migrants,
- sur le concept de « plates-formes de désembarquement » des migrants hors de l’UE, emprunté au Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU, qui reste encore vague. Ces centres pourraient se situer dans des pays d’Afrique du Nord et l'on ignore si ces derniers accepteront, d'autant plus que le Maroc, la Tunisie et l'Albanie n'y sont pas favorables,
- sur le renforcement des frontières extérieures, notamment en augmentant les aides à destination de la Turquie et de l’Afrique du Nord,
- sur la mise en œuvre de mesures internes pour éviter les déplacements de migrants entre pays de l’UE,
- sur une réforme du règlement de Dublin, censée instaurer un partage plus équitable des réfugiés. Or, les modalités d'une telle révision ne sont pas définies...

Tribune:Un projet européen pour une civilisation européenne

L’Europe à peine convalescente de la crise économique qu’elle vient de surmonter, se trouve confrontée à une succession d’évènements qui la menacent d’explosion : une vague migratoire de grande ampleur, des actes de terrorisme perpétrés sur son territoire par des fanatiques islamistes, le « Brexit » aux conséquences économiques et politiques encore mal évaluées et l’élection d’un Président des Etats-Unis prônant un protectionnisme économique.

Dans ce contexte, à chaque élection en Europe, les extrêmes et les partis anti-européens progressent à tel point qu’ils deviennent majoritaires en Italie, pays fondateur de l’Union Européenne, qui traverse une crise politique d’une extrême gravité.
Les peuples européens se détournent de l’Europe qu’ils accusent d’imposer des contraintes financières et réglementaires accrues sans apporter de protection contre l’insécurité ou la précarité.

Le rêve européen s’évanouit peu à peu. L’Europe n’est plus une espérance de progrès.

Face à cette situation nouvelle et inquiétante, certains, refusant de tirer les leçons de ces évènements, proposent d’avancer plus vite encore vers un fédéralisme européen ou une « souveraineté européenne » au risque d’aggraver le divorce entre l’Europe et les peuples.
D’autres, à l’inverse, proposent de provoquer une sortie de l’Euro et de l’Europe aux conséquences financières dramatiques pour les salariés, les épargnants et les retraités en raison de la dévaluation massive qu’elle engendrerait.

Nous, les Républicains, quelles que soient nos sensibilités, sommes profondément attachés à l’Europe par réalisme et conviction.
L’Europe n’est pas une option, nous savons que les défis environnementaux, économiques et politiques de notre temps ne seront relevés qu’à l’échelle des continents et qu’il serait problématique de laisser la Chine et les Etats-Unis face à face pour organiser de manière bipolaire le monde à venir.
Nous nous souvenons aussi que les grandes figures historiques de nos familles politiques d’origine ont toutes à leur manière et dans un contexte politique différent, œuvré à la construction européenne. Elles l’ont fait d’abord pour la paix, mais ensuite et surtout pour défendre un modèle original de démocratie et un idéal de liberté.

Nous sommes conscients de ce que nous a apporté la construction européenne pour protéger notre agriculture au travers de la PAC, dynamiser notre économie et notre compétitivité par le « marché unique », porter de grands projets et assurer une solidarité entre les territoires.
Nous savons aussi que les difficultés que nous rencontrons sont souvent à tort, imputées à l’Europe alors qu’elles relèvent de la responsabilité des Etats. La surtransposition des textes par la France n’est, par exemple, qu’issue de la seule volonté des Gouvernements.

Cependant, afin de surmonter la crise de confiance qu’elle traverse et subit, l’Europe - qui n’est pas exempte de reproches - n’a pas d’autre choix que de se réformer ou disparaitre.
C’est pourquoi nous voulons porter un nouveau projet européen.

L’Europe doit d’abord se construire sur la base de frontières sûres et stables.
Les frontières extérieures doivent être sûres pour permettre la libre circulation à l’intérieur de l’Union. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire de renforcer les contrôles aux frontières de l’Europe, de s’accorder sur une politique d’immigration commune avec l’ensemble des pays de l’Union et de nouer de nouveaux accords avec les pays africains. A défaut, les Nations doivent pouvoir rétablir le contrôle de leurs frontières nationales afin d’assurer, si nécessaire, la sécurité de leurs citoyens.
Les frontières doivent être stables. Il faut mettre un terme à l’élargissement sans fin à d’autres pays qui nuit à la stabilité et à l’approfondissement du projet européen.
Les négociations concernant l’adhésion de la Turquie doivent être définitivement arrêtées.
L’Europe doit également protéger ses entreprises et ses emplois.
Les décisions protectionnistes prises unilatéralement par certains Etats doivent nous faire prendre conscience de la guerre commerciale engagée au niveau mondial. L’Europe doit donc protéger ses acteurs économiques face à une concurrence souvent déloyale de produits étrangers. Le principe de « réciprocité » doit permettre de fermer nos frontières économiques aux pays qui n’ouvrent pas les leurs aux pays européens. Il faut désormais s’engager sur la mise en place du principe de la « préférence européenne » afin de renforcer le marché intérieur.
La grande diversité des pays de l’Union européenne en fait sa richesse mais constitue également un handicap quand il est nécessaire de concilier des intérêts divergents. Pour que cette diversité ne soit pas un frein à la dynamique de l’Union, nous devons favoriser la coopération renforcée entre les pays qui souhaitent porter ensemble des projets spécifiques et progresser dans l’harmonisation fiscale et sociale.
Les Nations y gagneront en initiative et liberté en s’affranchissant des procédures administratives complexes de Bruxelles.

Enfin, si nous voulons réconcilier les peuples avec l’Europe, il nous faut changer clairement d’orientation.
L’Union européenne doit renoncer à produire toujours plus de normes et doit s’engager sur des projets d’avenir.
Nous devons résolument transformer cette Europe qui apparait, pour beaucoup, comme une administration désincarnée et déshumanisée, synonyme de règles, de normes et de contraintes.
Nos compatriotes veulent au contraire être fiers d’une Europe qui innove dans les domaines stratégiques culturels, sociétaux et technologiques comme la révolution numérique, l’intelligence artificielle, la transition écologique, les énergies nouvelles et la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Nous devons donner une nouvelle espérance à la Jeunesse en construisant un vaste projet éducatif en étendant Erasmus aux lycéens et aux apprentis.

L’Europe ne se limite pas à un territoire ou à un projet économique et financier : les peuples ont aussi besoin d’entendre la voix de l’Europe sur la scène internationale.
Nous sommes favorables à une Europe de la Défense. La France, unique puissance nucléaire du continent, ne peut continuer à être seule à défendre militairement la Démocratie et à exposer ses soldats. Mais l’Europe doit également être porteuse de paix en jouant un rôle majeur dans la résolution des conflits, en particulier au Moyen Orient, grâce à une action diplomatique coordonnée.

L’Europe, c’est pour les peuples européens, une histoire tragique et des guerres auxquelles ils ont su mettre fin. C’est surtout une culture, des valeurs et un destin partagé de femmes et d’hommes héritiers de la sagesse antique, des valeurs de la chrétienté et de l’humanisme du siècle des Lumières. Ces peuples différents n’ont pas besoin de renier leur Nation pour se retrouver dans un projet de civilisation qui défend la liberté, l’égalité des hommes et des femmes et une certaine idée de l’homme et de sa dignité.

Le projet européen est porteur de valeurs, les oublier ou les sacrifier sur l’autel de l’efficacité économique serait une faute. Les réaffirmer sera un puissant ciment de la construction européenne.
A nous les Républicains, riches de notre héritage, de nos sensibilités et de nos convictions, de réinventer et reconstruire un nouveau projet européen.

 

Communiqué de presse de l'ARCEA

Communiqué de presse de l’ARCEA


Didier QUENTIN, Président de l'Association pour la Route Centre Europe Atlantique (ARCEA), Député-Maire de Royan, et René BEAUMONT, Président délégué de l'Association pour la Route Centre Europe Atlantique et ancien Sénateur de Saône-et-Loire, expriment leur très vive émotion, après l'accident d'un autocar portugais qui s'est produit, ce dimanche matin, à proximité de Charolles en Saône-et-Loire sur la Route Centre Europe Atlantique.

Ils présentent leurs sincères condoléances aux familles des victimes et formulent des vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Il conviendra bien sûr d’attendre les résultats de l’enquête ; mais ce nouveau drame rappelle avec force la nécessaire sécurisation de cet axe et sa mise intégrale à 2x2 voies.

L'ARCEA se mobilise à cette fin depuis plusieurs décennies auprès des pouvoirs publics et les aménagements réalisés ces dernières années doivent être complétés, dans les plus brefs délais, pour que cette route cesse d’être l’une des plus accidentogènes, qui lui a valu la triste appellation de « route de la mort ».

 

Question au Gouvernement de Didier QUENTIN sur le Brexit

Le 16 mars 2016

Question au Gouvernement du Député Didier QUENTIN
sur les sujets européens – Brexit

Monsieur le Premier Ministre,
Exiger de ses partenaires européens de mieux prendre en compte les intérêts britanniques : la requête du Royaume-Uni n'est pas nouvelle. Mais pourquoi, nous, Français, nous n’osons pas, je dis bien nous n’osons pas, porter plus haut nos intérêts à Bruxelles ? Et je rappelle la belle devise des SAS anglais : « Qui ose gagne ! ».
A titre d’exemple : la France prévoit de contribuer à hauteur de 23,4 milliards d'euros au fonctionnement de l'Union, c’est dire que chaque jour, la France dépense 65 millions d'euros à Bruxelles.
Or, nous constatons que la France bénéficie seulement de 13,5 milliards en retour de l'Union européenne. Nous sommes donc contributeurs nets à l'Union pour 10 milliards d'euros.
Mais alors, pourquoi sommes-nous le seul pays contributeur net qui se refuse, avec obstination, à mettre ce sujet sur la table ? Quand, même l’Allemagne a obtenu un rabais sur sa contribution...
Mais il y a plus grave, si la France ne bénéficie d'aucun rabais, elle paie celui des autres ! C’est ainsi que nous assumons, à nous seuls, 30 % de la ristourne accordée au Royaume-Uni, soit 1,4 milliard d'euros par an, à la place de Londres.
C'est un peu comme si votre voisin bénéficiait d'une baisse d'impôts et qu'en plus, il obtenait que vous la preniez en charge !
Alors, Monsieur le Premier Ministre, quel marché de dupe a conclu la France, pour que la Grande-Bretagne demeure dans l’Union européenne, sans y être d’ailleurs vraiment ?
La parole est à M. le secrétaire d’État chargé des affaires européennes.
M. Harlem Désir, secrétaire d’État chargé des affaires européennes. L’accord intervenu le 19 février entre les chefs d’État et de gouvernement sur les demandes formulées par le Premier ministre britannique pour lui permettre de préparer son référendum est un bon accord.
M. Yves Fromion. Vous plaisantez ! Il vous a roulé dans la farine !
M. Harlem Désir, secrétaire d’État. Tout d’abord, il permet au Premier ministre britannique, David Cameron, de faire campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne. (Exclamations sur les bancs du groupe Les Républicains.)
M. Jacques Myard. Scandaleux !
M. le président. S’il vous plaît ! On écoute la réponse.
M. Harlem Désir, secrétaire d’État. Or, l’Europe a besoin d’unité et de cohésion. Il faut à tout prix éviter sa dislocation, d’autant plus qu’elle doit relever des défis considérables : la crise des réfugiés, la crise du terrorisme, les enjeux de la croissance.

Par ailleurs, cet accord a été obtenu sans qu’aucune des concessions qui pouvaient mettre en danger notre conception de l’Europe ne soit devenues réalité. Toutes les lignes rouges que le Président de la République avaient fixées ont été respectées : pas de révision des traités, pas de droit de veto ni de concessions sur l’intégration de la zone euro et la régulation des marchés financiers, défense du principe de la liberté de circulation des citoyens européens.

Nous souhaitons par conséquent que le Royaume-Uni demeure dans l’Union européenne. C’est ce qui a été réaffirmé lors du sommet franco-britannique à Amiens. Nous menons de très nombreuses coopérations avec le Royaume-Uni en matière de défense, d’énergie, de politique industrielle et de politique extérieure.
M. Jean Leonetti. Combien cela coûte-t-il ?
M. Yves Fromion. Ce n’est pas la question !
M. Jacques Myard. Qu’ils rendent le pognon !
M. Harlem Désir, secrétaire d’État. Pour ce qui est du budget de l’Union européenne, tous les États membres contribuent à ce que l’on appelle le « rabais britannique », qui a été négocié il y a déjà bien longtemps, par Margaret Thatcher…
M. Yves Fromion. C’est vrai.
M. Harlem Désir, secrétaire d’État. …. et qui tient au fait que le Royaume-Uni est un contributeur net très important, au même titre que la France ou l’Allemagne, au budget européen.
M. Yves Fromion. On veut un rabais nous aussi !
M. Harlem Désir, secrétaire d’État. Il faut réformer le système des contributions, développer des ressources propres, mais ce n’est certainement pas en proposant l’éclatement de l’Union européenne que nous résoudrons le problème.
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