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Le 17 décembre 2014,Didier QUENTIN pose une question au gouvernement sur le plan de relance européen

Question au gouvernement du mercredi 17 décembre 2014 sur le Plan de relance européen

M. le président. La parole est à M. Didier Quentin, pour le groupe de l’Union pour un mouvement populaire.
M. Didier Quentin. Monsieur le Premier ministre, je reviens sur une question qui vous a déjà été posée par notre collègue Joaquim Pueyo, mais la tonalité en sera peut-être un peu différente.

À l’initiative de l’Allemagne et de la France, la Commission Juncker a présenté un plan de relance et de croissance pour l’Union européenne, doté de quelque 315 milliards d’euros étalés sur trois ans, soit environ 100 milliards d’euros par an. Or on s’aperçoit, en y regardant de plus près, que seuls 5 milliards d’euros sont disponibles immédiatement, alors qu’en parallèle, un effort supplémentaire de 4 milliards d’euros de réduction des dépenses publiques sera sans doute demandé à la France par la Commission européenne en mars 2015. Je répète : entre 4 et 5 milliards d’euros de réduction des dépenses publiques.
S’ajoute à cela une chute des investissements, du fait de la baisse des dotations aux collectivités locales décidée par votre gouvernement, de 3,7 milliards d’euros sur la seule année 2015. Nous atteignons ainsi des sommes bien supérieures à la part qui pourrait revenir à la France dans le cadre de ce plan de relance européen.
Il en résulte malheureusement que ce plan, même s’il est bienvenu dans son principe, ne constitue qu’une goutte d’eau pour éteindre la récession profonde dans laquelle l’Europe et la France se consument.
Monsieur le Premier ministre, vous qui faites actuellement la tournée des capitales européennes, pouvez-vous nous indiquer les initiatives que vous entendez prendre, en liaison avec nos principaux partenaires européens, pour améliorer la pertinence et l’efficacité de ce plan de relance et de croissance ?
Autrement dit, et pour filer la métaphore, pour venir au secours de la maison Europe qui brûle, les pompiers semblent manquer d’eau.
M. Claude Goasguen. Quel talent !
M. Didier Quentin. Comme aurait pu dire Mac Mahon, que d’eau, que d’eau… nous manque ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. La parole est à M. le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique.
M. Bernard Deflesselles. Après Mac Mahon, voici Macron !
M. Jacques Myard. Et son moulin !
M. Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique. Monsieur le député, je ne sais pas si je vous apporterai toute l’eau nécessaire, mais en tout cas je ne saurais suivre votre raisonnement, qui consiste à considérer que le sapeur Camember…
M. Jacques Myard. Excellente référence !
M. Emmanuel Macron, ministre. …réduirait les dépenses publiques en France, tout en les accroissant au niveau européen. Vous jugez souvent trop timorés les efforts que nous faisons en matière budgétaire. Nous cherchons à faire ces efforts, partout où c’est possible, en préservant la croissance et l’investissement.

Mes collègues Michel Sapin et Christian Eckert ont parfaitement démontré, me semble-t-il, que l’investissement en France est préservé, et que le plan Juncker n’a pas vocation à s’y substituer.

Pour répondre précisément à votre question, monsieur le député, le plan Juncker est un début, mais il est insuffisant. Nous avons 21 milliards d’euros mobilisables – 5 milliards provenant de la Banque européenne d’investissement, et le reste, des budgets communautaires. Il est clair qu’il faut exercer davantage de pression à court terme, afin que plus d’argent soit directement disponible, et que nous soyons capables de lever ensemble plus d’argent, pour démultiplier notre capacité d’investissement public.

Je l’ai dit, tel est le message que nous allons porter au niveau gouvernemental, et tel est le message que le Président de la République lui-même va porter au Conseil européen. Cette plus grande ambition en matière d’investissement est nécessaire. Ensuite, nous devons la décliner par des projets conjoints – vous avez raison de le souligner. C’est ce que nous faisons avec nos partenaires italiens, ainsi qu’avec nos partenaires espagnols, dans le cadre d’un sommet organisé il y a quelques semaines – des projets d’interconnexion seront, du reste, bientôt présentés. C’est ce que nous faisons, aussi, avec nos partenaires allemands.

Avec Michel Sapin, nous nous sommes rendus en Allemagne il y a quelques semaines. Nous avons défini une feuille de route commune, qui a fait l’objet d’un document conjoint franco-allemand. Et demain, la Chancelière et le Président de la République présenteront des projets franco-allemands extrêmement concrets en matière de transition énergétique, de numérique, et d’infrastructure, qui auront vocation à faire des propositions au plan Juncker.
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http://videos.assemblee-nationale.fr/video.6237.questions-au-gouvernement-sur-des-sujets-europeens---mercredi-17-decembre-2014-17-decembre-2014

Didier QUENTIN est co-signataire de la tribune "EUROPE: il est temps de tout changer"

Voir également le LIEN ci-dessous: "L'APPEL des 40 parlementaires pour changer l'Europe"

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/04/25/31001-20140425ARTFIG00081-henri-guainolaurent-wauquiez-il-est-temps-de-tout-changer-en-europe.php

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Europe : il est temps de tout changer


Après la seconde guerre mondiale, les pères fondateurs de l’Europe avaient fait partager aux peuples européens leur grand rêve d’union, pour que les tragédies du passé ne recommencent jamais, pour que notre continent, rassemblant ses moyens et ses volontés fasse entendre sa voix dans le monde, y défende ses idées, ses principes et ses intérêts, pour que nos nations s’ouvrent les unes aux autres, et tirant ensemble le meilleur parti de leurs forces productives, s’engagent durablement sur le chemin de la prospérité.

Qu’avons-nous fait de ce grand rêve ?
Beaucoup d’Européens de cœur et de raison se posent désormais cette question : ceux qui ont répondu oui lorsqu’on leur a demandé d’approuver le Traité de Maastricht ou la Constitution européenne, parce qu’ils ne voulaient pas sacrifier une si belle espérance, et ceux qui ont dit non parce qu’ils ne voulaient pas approuver ce qui, à leurs yeux, entraînait l’Europe et la France sur la voie du déclin.

Sans nier les responsabilités des gouvernements nationaux, à commencer par les nôtres, force est de constater que trente années de dérives ont condamné l’Europe à devenir une machine bureaucratique qui réduit, jour après jour, l’espace des libertés et de la démocratie. Trente années d’aveuglements ont installé durablement sur notre continent le chômage de masse, l’exclusion, la stagnation économique. Trente années de renoncements ont provoqué une profonde crise identitaire, mis à mal la cohésion des sociétés, creusé un fossé d’incompréhension entre les peuples et les responsables politiques, nourri la montée des populismes et des extrémismes. Si nous ne voulons pas que le rêve tourne au cauchemar et que reviennent les vieux démons qui ont été à l’origine de tant de malheurs, il faut changer d’Europe.

Au point où nous en sommes, le temps n’est plus à la valse-hésitation des ajustements à la marge du mécano institutionnel. L’urgence est aux remises en cause profondes. Notre pays doit prendre ses responsabilités et demander à nos partenaires de se prononcer. Le risque de crises circonscrites est moins grand que celui d’une crise générale qui pourrait tout emporter. Souvenons-nous de la chaise vide du Général de Gaulle qui sauva la politique agricole commune.

L’austérité aveugle qui détruit la croissance et creuse les déficits, ça ne peut plus durer.
La politique monétaire qui fait peser sur l’Europe tout entière le spectre de la déflation et ruine la compétitivité de nos entreprises, ça ne peut plus durer.
L’ouverture sans contrepartie à toutes les concurrences déloyales, à tous les dumpings, ça ne peut plus durer.
La politique de la concurrence qui interdit toute politique industrielle et qui met les entreprises européennes à la merci de leurs concurrents, tellement plus habiles, c’est un comble, pour se protéger dans leur pays, ça ne peut plus durer.
La libre circulation poussée à l’excès qui interdit tout contrôle des déplacements de populations à l’intérieur de l’Europe pouvant mettre en péril la cohésion de nos sociétés et qui va jusqu’à mettre en concurrence, sur notre sol, nos salariés avec des salariés qui supportent trois fois moins de charges sociales, ça ne peut plus durer.
Le dumping fiscal et social à l’intérieur de l’Europe, ça ne peut plus durer.
Les frontières extérieures de l’Espace Schengen qui laissent passer des flux d’immigration incontrôlés, ça ne peut plus durer. L’élargissement sans fin, ça ne peut plus durer.
L’Europe désarmée, l’Europe qui ne défend pas ses intérêts dans le monde, l’Europe qui est la variable d’ajustement de toutes les politiques de change, de toutes les politiques commerciales, de toutes les politiques migratoires du monde, l’Europe qui empêche ses nations de se protéger et qui ne les protège pas, l’Europe qui étouffe sous une masse de réglementations, l’Europe qui se construit contre les Etats et la souveraineté des peuples, ça ne peut plus durer.

De ce constat, il nous faut maintenant tirer des conclusions politiques en rupture avec les atermoiements des dernières décennies. Notre famille politique doit le faire. C’est son devoir si elle ne veut pas livrer notre pays à des aventures dangereuses et sans lendemain auxquelles pourraient conduire la colère, et le désespoir de ceux, de plus en plus nombreux, qui souffrent et qui ont le sentiment de ne plus être maîtres de leur vie.

Ne nous y trompons pas : se résigner à inscrire la politique de la France dans le cadre d’une construction européenne à la dérive sans le changer profondément serait moralement inacceptable et politiquement intenable. Cette résignation nous condamnerait rapidement à l’échec si les Français nous confiaient à nouveau le destin du pays.

Ce qui se joue dans la campagne qui s’ouvre pour les élections au Parlement européen, c’est d’abord la définition de notre rapport à l’Europe pour pouvoir gouverner demain sans décevoir aussitôt tous ceux qui nous auront fait confiance. 

Intervention de Didier QUENTIN sur les crédits de la Mission « Outre-Mer »

Le 29 octobre 2013

Merci Messieurs les Présidents,
Monsieur le Ministre,
A partir du 1er janvier 2014, Mayotte aura accès aux fonds structurels européens, en acquérant le statut de Région Ultra-Périphérique (RUP) de l’Union européenne, que possèdent déjà la Martinique, la Guadeloupe la Guyane et La Réunion.
Les élus mahorais se verront alloués une enveloppe de 224 millions d’euros qu’ils souhaitent consacrer, pour l’essentiel, à l’assainissement et à l’accès à l’eau potable pour satisfaire les besoins des 21% de la population qui en sont privés.
D’autres projets sont, à ce stade, fléchés comme, par exemple, l’implantation d’un hôpital en Petite-Terre ou encore l’allongement de la piste de l’aéroport de Pamandzi.
Mais, je constate que peu de choses sont programmées en matière d’emplois et de formation, alors que 2 000 jeunes mahorais arrivent chaque année  sur le marché de l’emploi.
Aussi, Monsieur le Ministre, alors que vous revenez de Mayotte, je vous serais reconnaissant de nous indiquer comment l’Etat entend accompagner les élus et la population, pour à la fois réussir cette phase de transition et pour assurer le « décollage » économique de Mayotte.
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Par ailleurs, toujours dans l’Océan Indien, je souhaite aborder la question de l’île de TROMELIN, un  peu dans le même esprit que celle de René DOSIERE sur Saint-Pierre-et-Miquelon.
Comme vous le savez, des négociations ont été conduites depuis plus vingt ans avec les autorités mauriciennes sur cet îlot inhabité, ou alors qu’épisodiquement…
Or, la Zone Economique Exclusive (ZEE), qui serait placée sous une cogestion franco-mauricienne, représenterait 280 000 km², soit quasiment l’équivalent de la superficie de la ZEE de la métropole.
En outre, au regard des risques géopolitiques actuels, en particulier le long du canal du Mozambique, il ressort que le quart du trafic mondial du transport maritime croise désormais dans la ZEE de l’île de TROMELIN, contournant Madagascar par l’Est. J’ajoute aussi que l’Ile de TROMELIN recèle d’innombrables richesses minérales et d’éventuels gisements de pétrole « off-shore », ainsi que 26 espèces de coraux et des eaux très poissonneuses.
C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Ministre, de nous préciser la position qu’entend prendre et défendre le Gouvernement sur ce sujet majeur, pour notre souveraineté en mer, dont chacun ici  - je n’en doute pas - est convaincu de l’intérêt stratégique, tant d’un point de vue énergétique qu’en terme de biodiversité.
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