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Plan autisme 2008-2010 Voici les principales mesures du plan autisme qui ont été présentées par Roselyne Bachelot-Narquin et Valérie Létard le vendredi 16 mai en présence des associations du comité autisme.

AXE I - MIEUX CONNAITRE POUR MIEUX FORMER
Pour la connaissance du handicap
• Elaborer un corpus de connaissances commun sur l'autisme dans un document qui rassemblera les connaissances scientifiques et les pratiques du terrain et qui sera largement diffusé ;
• Faire élaborer par la HAS des recommandations de pratique professionnelle et évaluer leur mise en oeuvre ;
• Favoriser la recherche sur l'autisme pour faire émerger des outils diagnostiques, des stratégies thérapeutiques innovantes et des essais cliniques ;
• Elaborer une campagne d'information en direction du grand public. Pour mieux former les professionnels et les familles
• Mettre à jour et renforcer la formation initiale et continue des professionnels de santé, des professionnels du secteur médico-social et des enseignants sur l'autisme et les TED ;
• Pour diffuser rapidement les nouvelles connaissances sur l'autisme, développer des formations de formateurs (6 formateurs par département et par an pendant 3 ans) capables ensuite de mettre en place des formations adaptées au niveau local ;
• Organiser une formation spécifique destinée aux équipes pluridisciplinaires des MDPH et mettre en place une coopération entre les MDPH et les CRA ;
• Lancer un appel à projets en liaison avec la CNSA pour développer des outils de formation et de soutien pour les parents, les fratries et les aidants ;
• Identifier les métiers émergents répondant aux besoins d'accompagnement spécifiques.

AXE II - MIEUX REPERER POUR MIEUX ACCOMPAGNER
Pour améliorer le diagnostic et l'accès aux soins somatiques
• Expérimenter un dispositif d'annonce du diagnostic : un cahier des charges national sera conçu et donnera lieu à un appel à projet pour des expérimentations en régions. Il devra permettre de proposer dès l'établissement du diagnostic, un accompagnement individualisé avec un projet de soins et/ou un plan personnalisé d'accompagnement ;
• Identifier précisément les professionnels de santé - généralistes et spécialistes - formés pour accueillir en consultation les personnes autistes et mettre en place des protocoles d'accueil dans les établissements hospitaliers. Pour mieux accompagner à tous les âges de la vie
• Former les enseignants et les auxiliaires de vie scolaire aux spécificités de l'autisme et leur fournir un guide pédagogique adapté ;
• Expérimenter, dans 10 départements volontaires, de nouveaux modèles d'habitat : logements adaptés avec services, maisons relais couplées à des services d'accompagnement médico-social à domicile...
• Développer l'apprentissage en institut médico-professionnel (IMPRO) et mieux mobiliser les UPI en lycées professionnels ;
• Expérimenter, dans 10 départements, des ESAT adaptés à l'accueil de personnes autistes ; • Favoriser l'accès à l'emploi ordinaire en expérimentant, dans 10 départements volontaires, le job coaching.

AXE III - DIVERSIFIER LES APPROCHES, DANS LE RESPECT DES DROITS FONDAMENTAUX DE LA PERSONNE
Pour améliorer l'accueil en établissement
• Créer en 5 ans 4100 places supplémentaires dédiées aux personnes autistes, réparties de la façon suivante : 1500 places dans les établissements pour enfants, 600 en SESSAD, 2000 en MAS et FAM pour adultes ;
• Faciliter sur le plan juridique et financier la création de petites unités de vie ;
• Pour les très jeunes enfants, renforcer l'action spécifique des CAMPS et l'accueil en SESSAD ;
• Pour les adolescents, encourager l'internat souple et les structures expérimentales de « décompression » ;
• Moderniser la prise en charge des personnes autistes accueillies dans les établissements sanitaires. Pour s'ouvrir à de nouvelles méthodes
• Recenser, décrire et analyser toutes les méthodes de prise en charge existantes dans trois régions françaises, sur la base du protocole déjà testé en Languedoc-Roussillon ;
• Permettre une expérimentation encadrée et évaluée de nouvelles méthodes de prise en charge : un cahier des charges national sera élaboré pour définir, au regard de la réglementation en vigueur, les cadres et limites des expérimentations, les garanties attendues en matière de respect des droits des personnes accueillies et les conditions de leur suivi et de leur évaluation ;
• Conduire une réflexion juridique et éthique globale sur les garanties dues aux personnes avec TED ou autisme concernant leurs droits fondamentaux. Financement global du plan triennal : 187 000 000 euros NB : à titre indicatif, le prix moyen d'une place pour enfant coûte 50 000 euros et le prix moyen d'une place pour adulte coûte 80 000 euros.
La création d'un droit universel à l'accueil des enfants scolarisés à l'école primaire

La création d'un droit universel à l'accueil des enfants scolarisés à l'école primaire.

LE CHIFFRE
72% : c'est le
pourcentage de
Français favorables à
la mise en place d'un
service minimum dans
l'Education nationale,
selon un sondage
Ipsos SIG réalisé les 9
et 10 mai 2008.

L'ESSENTIEL
* Xavier Darcos avait proposé que l'Etat finance l'organisation d'un
service minimum d'accueil par les communes les jours de grève des
enseignants. Le succès de ce dispositif implique de disposer
préalablement d'une information fiable sur les intentions des enseignants
de se mettre en grève.

* Nicolas Sarkozy a demandé au Gouvernement de déposer avant l'été
un projet de loi qui instituera un droit à l'accueil des enfants qui sont
inscrits à l'école.

- Ce projet prévoira en cas de grève :
- les professeurs grévistes devront se faire connaître 48h à l'avanceafin que l'accueil des élèves puisse être organisé ;

- les communes devront proposer des solutions d'accueil, dont la charge financière sera assurée par l'Etat.

POURQUOI UNE LOI INSTAURANT UN SERVICE MINIMUM D'ACCUEIL ?

- Parce que les Français ne sont pas égaux face à la grève des personnels de l'Education
nationale : il y a ceux pour qui rien ne change car l'enseignant de leur enfant n'est pas gréviste, il y a ceux pour qui l'enfant perd une journée de cours mais reste accueilli à l'école et ceux qui doivent s'organiser par eux-mêmes pour assurer la garde de leurs enfants, le plus souvent en perdant une journée de congé.
- Il y a un principe essentiel du service public, c'est le principe d'égalité de traitement, et force est de constater que ce principe n'est pas respecté compte tenu de la disparité des situations.

ON PARLE DE DROIT A L'ACCUEIL. QUELLE DIFFERENCE AVEC LE SERVICE MINIMUM D'ACCUEIL ?

- Le droit à l'accueil vaut toute l'année, et pas seulement en cas de grève. Concrètement, cela signifie que lorsqu'un enseignant est absent durant le temps scolaire normal, l'Etat doit aussi assumer ses responsabilités en assurant l'accueil des élèves, puis le remplacement du professeur absent.


POURQUOI PASSER PAR LA LOI ALORS QUE LE MINISTRE AVAIT PARLE D'UNE NEGOCIATION AVEC
LES SYNDICATS ?

- Ce qui devait se généraliser progressivement compte tenu de la demande des familles est devenu l'enjeu d'une exploitation politicienne du PS. Les maires PS se sont opposés à sa mise en place. Les syndicats n'ont pas voulu prendre part à une discussion sur le délai de déclaration
d'intention de 48 heures pour les enseignants grévistes.

EST-CE QUE CE N'EST PAS UNE FACON POUR L'ETAT DE SE DESENGAGER SUR LES COLLECTIVITES
LOCALES ?

- Non. Les communes organisent déjà l'accueil des enfants dans le premier degré le matin avant les cours et la garderie après les cours. Elles ont donc toute légitimité pour organiser ce service.
Elles recevront une compensation financière de la part de l'Etat qui assume pleinement ses
responsabilités.

S'AGIT-IL D'UN DROIT OPPOSABLE ?

- A partir du moment où la loi définit un droit, les parents seront fondés à le faire valoir, y compris devant les tribunaux.

LE DELAI DE DECLARATION DE 48 HEURES N'EST-IL PAS UNE REMISE EN CAUSE DU DROIT DE GREVE ?

- Non. Cette exigence est tout à fait fondée dans la mesure où elle est indispensable à la mise en place du service d'accueil défini par la loi. En outre, seul le nombre de grévistes sera transmis aux communes ; l'identité des personnels déclarant leur intention de se porter grévistes ne sera pas communiquée et restera couverte par le secret professionnel.

C'EST UNE MESURE DE PLUS, MAIS LE GOUVERNEMENT N'A PAS DE POLITIQUE CLAIRE ?

- C'est tout l'inverse ! L'école connaît des difficultés. Les performances scolaires de la France ne sont pas à la hauteur des efforts financiers consentis. Malgré une dépense qui la situe au troisième rang européen, la France compte trop d'élèves - 15% - qui ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux (lecture, écriture, calcul) et qui sortent sans diplôme du système scolaire (120 000
tous les ans).
C'est pourquoi, depuis 1 an, le Président, le Premier Ministre et le Ministre de
l'Education nationale ont engagé plusieurs réformes :
- Dès la rentrée 2008, les programmes du primaire seront recentrés sur l'acquisition des
savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter).
- L'école se réorganise et répond à des besoins nouveaux. L'accompagnement éducatif
des « orphelins de 16 heures », qui a débuté dans les établissements prioritaires, sera
étendu à la rentrée prochaine dans tous les collèges et les écoles primaires.
- 1 milliard d'euros seront consacrés en 2008 au financement des heures supplémentaires
effectuées dans le cadre de l'accompagnement des élèves en difficulté afin de revaloriser le métier d'enseignant.

Verbatim
Le Président de la République, intervention du 15 mai 2008 :
« Je respecte le droit de grève. C'est une liberté fondamentale garantie par la Constitution, et j'ai bien l'intention de la préserver. »
« Mais je sais aussi que lorsqu'elle touche les services publics, et en particulier l'éducation nationale, la grève crée des difficultés pour beaucoup de Français. La journée d'aujourd'hui l'a encore démontré.
Lorsque les deux parents travaillent et que l'accueil à l'école n'est pas assuré, la grève pose de vrais problèmes à beaucoup de familles, en particulier aux plus modestes. Elle pose aussi des problèmes d'égalité. Il y a ceux qui peuvent faire garder les enfants et ceux qui ne le peuvent pas. »
« Je veux que même en cas de grève, les enfants de ce pays soient accueillis et que les parents qui le souhaitent puissent ainsi exercer leur droit légitime au travail ».

Pas d'augmentation du prix du gaz !

Extrait de la réponse de M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire, à propos du prix du gaz lors de la séance des questions d'actualité, le mercredi 7 mai 2008, à l'Assemblée Nationale.

M. Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire - Vous avez fait allusion à la déclaration de la Commission de régulation de l'énergie relative à la nécessité d'augmenter les tarifs d'utilisation des canalisations françaises. Madame la députée, vous ne pouvez pas confondre à ce point les tarifs d'utilisation des 130 000 kilomètres de réseau qui concernent tous les opérateurs - publics et privés - et ceux applicables aux consommateurs ! (Interruptions sur les bancs du groupe SRC) Comme vous le savez, il a été décidé de supprimer les canalisations en fonte grise dont plusieurs drames récents ont montré le caractère dangereux. En outre, il est indispensable de mieux entretenir les canalisations. Enfin, vous avez oublié de dire que le gestionnaire du réseau était soumis à des obligations. Pour y faire face, le tarif - que vous avez vous-même institué et qui n'a pas varié depuis quatre ans - doit progresser. Bien entendu, cette hausse se répercutera sur les résultats des entreprises et le niveau de rémunération des actionnaires s'en trouvera donc affecté. Le consommateur, lui, ne subira pas d'augmentation. Quant au tarif social, vous devriez tout de même savoir que 750 000 personnes en bénéficieront dès le 1er juillet !



Dossier Crise Alimentaire Mondiale

LES CHIFFRES
�� 2Mds : c'est le nombre de
personnes vivant avec moins
de 2 euros par jour.
�� 93% : c'est la surface des terres
cultivées qui restera dédiée à
l'alimentation en 2010, contre
seulement 7% utilisées pour les
biocarburants.

L'ESSENTIEL
�� En quelques mois, le prix des matières premières
alimentaires a connu une hausse brutale. Ces dernières
semaines, plusieurs émeutes de la faim ont notamment
éclaté au Sénégal, au Cameroun, en Egypte et à Haïti.
�� Les accidents climatiques, la spéculation et la
dépendance alimentaire sont autant de facteurs qui
expliquent l'augmentation des prix et la pénurie de
certaines denrées alimentaires. L'utilisation des
biocarburants en masse par certains pays est également
pointée du doigt.
�� Parce que trop de pays ont délaissé l'agriculture ces
dernières années, Michel BARNIER a proposé de
« réorienter l'aide publique au développement vers
l'agriculture ».

COMMENT EXPLIQUER LES EMEUTES DE LA FAIM QUI SEVISSENT CES DERNIERES SEMAINES ?
Il faut prendre en compte la demande croissante des consommateurs, avec des pays de plus en plus
peuplés (Chine, Inde) et des modes de consommation qui évoluent (davantage de protéines animales)
du fait de l'émergence des classes moyennes.
�� Tout d'abord, certains accidents climatiques ont fait perdre des capacités de production à des
grands pays producteurs comme l'Australie (sécheresse) ou l'Ukraine (froid).
�� Ensuite, la crise des subprimes a généré une spéculation financière mondiale. Les fonds
d'investissement jouent sur les marchés à terme et misent sur les matières alimentaires. Du coup,
ces fonds d'investissement achètent et cette spéculation fait monter les prix. M. BARNIER a
d'ailleurs précisé que cette question de la spéculation doit être posée « dans toutes les
organisations mondiales, au FMI et dans les lieux de la gouvernance mondiale ».
�� Enfin, trop de pays se sont désinvestis de l'agriculture et préfèrent importer les matières premières
alimentaires. Le dernier rapport de la Banque Mondiale l'a souligné. Par exemple, la Mauritanie
dépend à 70% des importations et le Yémen à 75%.
�� Conséquence: l'augmentation des prix des matières premières alimentaires : les
produits laitiers, le riz, le blé, le maïs. Un exemple, le cours mondial du riz a doublé
entre avril 2007 et avril 2008.

L'AUGMENTATION DES PRIX ? A QUI LA FAUTE ?
�� Les instances mondiales n'ont pas suffisamment encouragé l'agriculture pour qu'elle devienne un
véritable secteur économique et beaucoup de politiques agricoles ont été démantelées dans le
monde.
�� L'utilisation des biocarburants en masse par certains pays comme les USA ou le Brésil a déstabilisé
les marchés. Ces régions ne mettent pas suffisamment de matières premières alimentaires sur les
marchés. Du coup, le cours du maïs utilisé pour l'éthanol a doublé en deux ans.

CELA VEUT-IL DIRE QU'IL FAUT STOPPER LES POLITIQUES DE BIOCARBURANTS ?
�� Non. Cela veut dire qu'il faut garder le sens des priorités. En Europe, par exemple, nous allons
avoir un objectif de 7% d'incorporation des biocarburants dans les biocarburants traditionnels en
2010. Cela correspondra à 7% seulement de la surface cultivée pour les biocarburants et 93% pour
l'alimentation.

Ce ne sont pas les biocarburants européens qui affament le monde. Mais l'orientation aux USA et
en Amérique latine de la production de maïs ou de colza vers les biocarburants en très grandes
proportions déstabilise les marchés. Aux Etats-Unis, 18% des terres sur lesquelles sont produites du
maïs sont consacrées aux biocarburants.
�� Il faut par ailleurs favoriser la recherche sur les biocarburants de la 2ème génération fabriqués à
partir de plantes non vivrières, ce qui permettra une augmentation des rendements et un meilleur
équilibre entre l'usage alimentaire et l'usage en carburant.

COMMENT FAIRE FACE À CETTE CRISE ?
�� Il faut transférer davantage d'expertises vers les pays les plus pauvres pour les aider à construire
ou à reconstruire leur capacité propre de production alimentaire : recherche agronomique,
formation professionnelle, maîtrise de l'eau, subventions à l'achat des semences.
�� Il faut alimenter le programme alimentaire mondial qui a besoin de 500 millions de dollars dans
l'urgence. L'Union européenne a annoncé le déblocage de 160 millions d'euros du programme
ECHO et Nicolas SARKOZY le doublement de l'enveloppe de l'aide alimentaire de la France
(passant à 60 millions d'euros).

PEUT-ON PASSER D'UNE CRISE ALIMENTAIRE A UNE CRISE POLITIQUE ?
�� Oui. Comme l'a dit le FMI : « Si les prix de l'alimentation continuent à augmenter, des centaines de
milliers de personnes vont mourir de faim ce qui entraînera des cassures dans l'environnement
économique et parfois la guerre ».
�� Les champs de riz sont gardés par l'armée en Thaïlande, il y a eu des morts par balles à Haïti et le
premier ministre haïtien a été démis de ses fonctions. Oui, la crise peut devenir politique. Et il est
urgent d'agir.
�� Lundi 14 avril, Michel BARNIER a proposé à ses homologues européens « une initiative européenne
pour la sécurité alimentaire dans le monde ». L'agriculture n'est pas dépassée, bien au contraire.
Elle contribue à l'avenir de notre pays et de la planète.

CETTE CRISE PEUT-ELLE GAGNER L'EUROPE ?
�� Certes en Europe, nous constatons aussi des hausses importantes des produits alimentaires. Mais
les produits alimentaires pèsent moins lourd dans le budget des ménages européens que dans
celui des pays les plus pauvres. A Haïti par exemple, 80% de la population vit avec moins de 2
dollars par jour... Dès lors, l'argent gagné sert en quasi-totalité à se nourrir.
�� Autre différence entre l'Europe et les pays pauvres, d'Afrique par exemple, la dépendance des
pays européens est moindre. Nous sommes proches de l'autosuffisance alimentaire.
�� L'Union européenne dispose d'un Politique agricole commune (PAC) qui permet de stabiliser les
marchés.
�� Nicolas SARKOZY avait d'ailleurs souligné l'importance de l'agriculture lors des conclusions du
Grenelle de l'Environnement : il faut une « politique d'investissement massif dans l'agriculture. Il y a
800 millions de personnes qui meurent de faim et d'ici à 2050, il y aura trois milliards d'être humains
en plus. On ne va pas nous expliquer qu'on n'a pas besoin de l'agriculture ! »
OGM

LES CHIFFRES

�� 1998 : date à laquelle le Gouvernement Jospin a autorisé le maïs MON810.
�� 45M euros : somme attribuée par le Gouvernement pour le lancement d'un programme de recherche destiné à développer
les biotechnologies.
�� 0,9% : seuil fixé par l'UE à partir duquel la présence d'OGM doit être mentionnée sur les produits.

L'ESSENTIEL

Le projet de loi, qui met en oeuvre les conclusions du Grenelle de l'Environnement,
répond à des aspirations légitimes :
�� Transparence avec la publication des parcelles où des OGM sont cultivés ;
�� Liberté et sécurité : liberté de choisir son mode de production et de consommation avec ou sans OGM et sécurité avec des distances entre cultures OGM et non-OGM fixées « par nature de culture » ;
�� Expertise grâce à la création d'un Haut Conseil des Biotechnologies composé de scientifiques et de personnes issues de la société civile ;
�� Responsabilité avec, d'une part, la création d'un régime de responsabilité sans faute des producteurs d'OGM pour assurer une indemnisation rapide des agriculteurs qui
seraient pollués et, d'autre part, la création d'un délit de fauchage.

CE PROJET DE LOI EST-IL PRO-OGM COMME LE DISENT LE PS ET LES VERTS ?

Non, François FILLON l'a rappelé, ce texte est un « juste équilibre ».
�� Il pose le droit de cultiver et de consommer avec ou sans OGM. Il instaure donc des conditions très strictes de coexistence tout à fait pionnières en Europe : un régime de responsabilité sans faute et d'assurance obligatoire des cultivateurs d'OGM, des règles de sécurité pour éviter les pollinisations des non OGM et une attention très particulière au cas des AOC et des parcs naturels régionaux.
�� Il définit un haut niveau de vigilance scientifique : le Haut Conseil des iotechnologies est très novateur car il associe désormais toutes les disciplines scientifiques concernées par les OGM, mais aussi parce qu'il fait une place à la société civile. Le travail sera donc totalement transparent et la
liste des champs OGM sera publiée sur Internet. Un Comité de surveillance biologique du territoire sera créé.
�� La France a engagé un débat au niveau européen pour que ces principes soient repris dans les méthodes d'évaluation des risques des OGM. Elle a reçu un accueil favorable de la Commission européenne.
�� Enfin, la France a suspendu la culture du seul OGM cultivé commercialement en France parce que des éléments nouveaux sont apparus. Nous ne pouvions nous satisfaire d'inconnues scientifiques sur la sécurité et nous avons décidé d'appliquer le principe de précaution.
�� Pour autant, elle est consciente de l'atout que peut représenter cette technologie, bien maîtrisée, pour l'environnement et l'alimentation. C'est pourquoi le gouvernement a lancé un programme de recherche sans précédent, doté de 45M€ de l'Etat sur 3 ans, pour développer les
biotechnologies.
�� Le PS et les Verts ont la mémoire courte : qui a autorisé le maïs MON810, un pur produit OGM ? Le Gouvernement de Lionel JOSPIN en 1998 avec Dominique VOYNET comme Ministre de l'Environnement...
�� Tandis que le Gouvernement de François FILLON a activé la clause de sauvegarde auprès de Bruxelles pour interdire l'exploitation du MON810 !

LE VOTE DU PROJET DE LOI VOTE A UNE COURTE MAJORITE EN PREMIERE LECTURE A L'ASSEMBLEE EST-IL UN REVERS POUR LE GOUVERNEMENT ?

�� Le projet de loi a été adopté. Il faut savoir : on ne peut pas reprocher un jour aux Parlementaires de l'UMP d'être des godillots et les critiquer le jour suivant quand ils débattent.
�� Le Gouvernement de François FILLON a pris la question des OGM à bras le corps : en 10 mois, nous aurons affronté ce sujet difficile que tous les gouvernements ont esquivé depuis 10 ans ! A tel point que nous sommes en contentieux avec la Cour de justice européenne pour retard de transposition (directives de 1998 et 2001).

LES DEPUTES ONT-ILS SUBI DES PRESSIONS DE LA PART DES LOBBIES ?

�� C'est un sujet sensible et il y a eu beaucoup de désinformation à ce sujet. C'est pourquoi le Gouvernement a souhaité qu'il y ait un véritable débat. Le Premier ministre lui-même a levé l'urgence sur ce texte, preuve que la majorité souhaite un débat complet et approfondi.

L'AMENDEMENT CHASSAIGNE, SUITE AU VOTE DU SENAT, EST-IL VIDE DE SA SUBSTANCE ?

�� Non. L'amendement CHASSAIGNE, qui interdit les OGM dans les zones AOC (Appellation d'Origine Contrôlée), a été sous-amendé. Il s'agit d'un « amendement de précision » destiné à compléter l'article 1er et à « asseoir sa valeur juridique » comme l'a dit Jean-Louis BORLOO.
�� Le but de cet unique amendement est de rendre le dispositif proposé par Monsieur CHASSAIGNE « conforme au droit européen » comme l'a indiqué M. BIZET. L'amendement BIZET prévoit ainsi que la définition du « sans OGM » se fera par voie règlementaire, après avis du Haut Conseil des Biotechnologies, espèce par espèce, dans l'attente d'une décision communautaire.

LE PROJET DE LOI PREVOIT UN « DELIT DE FAUCHAGE ». S'AGIT-IL D'UN DELIT D'OPINION ?

�� Chacun a le droit d'avoir les opinions qu'il veut. Nous sommes dans une démocratie et un Etat de droit. C'est pourquoi chacun a droit à la protection de ses biens et à une information complète. C'est la condition nécessaire pour que le débat sur les OGM et la culture des OGM puisse se dérouler d'une manière sereine.
�� Ainsi, pour la première fois, la transparence sera complète puisque la liste des champs OGM sera publiée par l'Etat sur Internet.





QUE PENSER DE L'ETIQUETAGE AVEC OU SANS OGM ?

�� Il permet la liberté de choix du consommateur en lui offrant la possibilité de consommer avec ou sans OGM. Et pour les semences, il permet aussi la coexistence des cultures en ce qu'il indique quel champ est OGM ou non OGM.

Verbatim opposition

�� Ecrit par Ségolène ROYAL pendant la campagne présidentielle dans un courrier de réponse au Président de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) :
* Il faut instaurer « le plus large consensus possible dans notre pays en faveur du
développement sécurisé de la recherche scientifique, dont nous avons bien besoin pour
ne pas dépendre trop des brevets étrangers ».
*Il ne faut pas « tomber dans un obscurantisme qui arrêterait toutes les recherches ».